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Mégalithes du pays de Morlaix : entre histoire et légende...

Image d’Épinal de la Bretagne, les menhirs et les dolmens font partie du folklore de la région, au même titre que les bigoudens ou les chapeaux ronds. Qu’on les voit comme des symboles celtiques liés aux contes et légendes, ou qu’on les imagine érigés par Astérix et Obélix, ils fascinent et attirent des visiteurs qui les voient auréolés de mystère… Un mystère souvent lié aux clichés et idées reçues qui entourent ces vieilles pierres ancestrales.

Les mégalithes, pour reprendre le terme générique qui regroupe toutes ces constructions de grandes pierres préhistoriques, constituent une grande famille pleine de secrets. Découvrez qui ils sont, et admirez les plus beaux spécimens qui jalonnent les campagnes du Finistère Nord, autour de la Baie de Morlaix et des Monts d’Arrée.

Cliquez sur les repères de la carte pour connaître leur histoire et les légendes qui les entourent.

LEXIQUE :

  • Mégalithe :

Éthymologiquement, un mégalithe est une “grosse pierre” (du grec lithos, la pierre, et megas, grand). De fait, ce terme désigne des monuments constitués d’une ou plusieurs grandes pierres assemblées sans mortier pour les maintenir ensemble. Ces techniques de constructions nous renvoient de fait à la préhistoire, et en particulier aux périodes du Mésolitique, Néolithique, Chalcolithique, voire l’âge de bronze. La préhistoire ne nous ayant, par définition, pas transmis de texte, le sens de ces constructions nous échappe encore parfois, et il reste un domaine où les scientifiques ont de vastes champs d’investigations devant eux.

  • Tumulus, cairn et tertre
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Cairn de Barnenez, plouezoch, Bretagne

Le Tumulus est un terme générique qui désigne une butte artificielle, en terre, en pierre, ou les deux, qui recouvre une sépulture. Cette dernière peut être individuelle ou collective.
Le tertre est un tumulus recouvert uniquement de terre, et le cairn est, lui, recouvert de pierres.
Si les tumulus sont, en Bretagne, souvent associés à la préhistoire, ce type de sépulture s’est perpétué longtemps et se retrouve partout dans le monde.

  • Dolmen

Nous sommes aujourd’hui habitués à voir des dolmens “nus”, mais ce n’est pourtant pas ainsi qu’ils ont été édifiés. En effet, les dolmens sont en réalité des chambres funéraires qui étaient à l’origine recouvertes d’un tumulus. Le temps, et le réemploi des matériaux par les hommes ayant fait leur oeuvre, la structure externe en a disparu pour ne plus laisser que l’armature interne de l’ancienne sépulture, et sa forme caractéristique d’une grande pierre horizontale surmontant d’autres pierres verticales. Cette forme lui a valu son nom de “table de pierre”, qui a donné le mot issu du breton “dolmen”.

  • Allée couverte

L’allée couverte est une construction à rapprocher du dolmens. Il s’agit d’une chambre funéraire prolongée par un couloir qui permet d’y accéder. On parle aussi de dolmen à couloir, quand l’allée est plus basse au niveau de l’accès, et la chambre funéraire, constituée d’un dolmen, plus grande. Dans le cas d’une allée couverte, toute la structure est à peu près au même niveau, et est constituée de murs et d’un plafond. Comme les dolmens, ces structures étaient à l’origine recouvertes. C’est le cas au cairn de Barnénez, où l’édifice recouvre une série de onze tombes à couloirs.

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Allée couverte du Mougau à Commana
  • Menhir

Les menhirs constituent avec les dolmen l’image d’Épinal du mégalithisme pour la plupart d’entre nous. Ils sont volontiers associés aux Celtes, voir au Gaulois depuis l’historiographie du XIXeme siècle, mais il s’agit là d’un énorme anachronisme. Car si les celtes ont pu les réutiliser, ces grandes pierres dressés verticalement étaient là déjà bien avant eux.

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Menhir au Quilliou à Plougonven

Menhir vient donc du breton “ar men ir”, qui signifie “pierre longue”. Ce terme est officialisé depuis la fin du XVIIIeme siècle par les historiens.
On peut trouver des menhirs isolés, ou bien rassemblés en sein d’alignements. Certains sont demeurés en place, d’autres ont été réutilisés en pierre de construction, ou encore sont tombés, comme le grand menhir brisé de Locmariaquer (21m). Ils sont en tous cas d’une grande diversité de taille, pouvant aller de moins d’un mètre à plusieurs mètres de hauteur, et pour plusieurs centaines de tonnes pour les plus monumentaux. Ils sont également d’aspects variés, certains étant taillés (auquel les archéologues les appellent “stèles”), voire même parfois décorés de sculptures, d’autres n’étant que des pierres redressées, non travaillées. Tous on en commun d’être calé dans une fosse creusée à cet effet.
Aujourd’hui encore, leur signification demeure mystérieuse.

  • Alignements
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Alignement de menhirs, Carnac, Mégalithes

Les alignements mégalithiques sont des arrangements organisés de menhirs placés à intervalle plus ou moins régulier, sur un ou plusieurs axes. Ils sont de tailles extrêmement diverses, allant de l’alignement de trois pierres à des sites de plusieurs kilomètres. De même, la taille des pierres employées peut être d’une grande variété, et les sites peuvent être isolés ou regroupés en plusieurs alignements juxtaposés (comme à Carnac par exemple). Si les alignements sont en ligne, les cromlec’h (ou enceinte mégalithique), eux, forment un parcours fermé, généralement en cercle.
On a beaucoup spéculé sur le sens de ces arrangements de mégalithes et plusieurs théories s’affrontent aujourd’hui encore, mais, de fait, leur caractéristique première reste le mystère qui demeure autour de la raison pour laquelle ils ont été édifiés.

  • Préhistoire : les grandes périodes

Littéralement, la préhistoire, recouvre la période antérieure à “l’histoire”, c’est à dire à l’invention de l’écriture (à partir de -3500 avant JC). En effet, si les historiens s’appuient sur les écrits transmis par le temps et sur l’archéologie pour étayer leurs théories, les préhistoriens n’ont que l’archéologie et doivent se passer de sources.
La préhistoire elle-même se divise en plusieurs périodes correspondant à des grandes tendances de mode de vie et d’évolution technologiques.

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Frise temporelle : préhistoire et mégalithes

Le Paléolithique est la période qui part de l’apparition de l’homme en tant qu’espèce (vers - 3 000 000 ans), et pendant laquelle il évolue depuis l’australopithèque jusqu’à l’homo sapiens actuel (vers -200 000). Tout au long de cette période, l’homme demeure un nomade chasseur-cueilleur.

Le Néolithique, c’est le moment, vers -8000 à -5000 (selon les zones géographiques, -5000 en Europe occidentale), où l’homme commence à ne plus se contenter de récolter son moyen de subsistance, mais à le produire via la découverte de l’agriculture et de l’élevage. En parallèle, il se sédentarise et son mode de vie se complexifie d’un point de vue économique et social. Les outils se diversifient, avec la généralisation de l’usage de la pierre polie et de la poterie. Selon les régions du monde cette évolution se fait plus ou moins rapidement.

On parle aussi de Mésolithique comme période intermédiaire entre le Paléolithique et le Néolithique.

Le Néolithique cède ensuite la place aux “âges des métaux”, liées à la découverte de la métallurgie et aux innovations technologiques qui en découlent.

Le Chalcolithique (venant du grec Kalchos, le cuivre) est la période intermédiaire qui succède au Néolithique, vers - 2000, et où l’homme découvre l’usage du cuivre, mais aussi de l’or et du bronze, métaux qui peuvent se travailler par simple martellement. Vient ensuite la découverte de la fusion des métaux, et l’âge de bronze ( vers - 1800), puis l’âge de fer (- 2600 en Afrique, - 1100 autour de la Méditerranée, et - 800 en Europe du Nord).